Référendum irlandais : un air de déjà-vu…

Dans quelques heures, les Irlandais se prononceront par référendum sur le Traité de Lisbonne. Sur la blogosphère politique française, en attendant le résultat d’un scrutin déterminant pour l’avenir de l’UE, les commentateurs tirent le bilan d’une campagne qui rappelle à bien des égards celle qui avait vu la victoire du « non » en France en 2005.

« Nous voilà comme au 28 mai 2005. Avec un peu plus d’espoir, avec autant d’amertume, avec toujours la même question », écrit Koz. « En Irlande comme en France en 2005, des partisans du non se réfugient dans les arguments les plus fous, les plus stupides, les plus mensongers. Et ils n’en assumeront aucune conséquence ».

Un sentiment de « redite » également exprimé par Versac : « ultra majorité dans les milieux politiques pour le oui, qui parait logique et naturel. Absence de préparation solide d’une campagne (voire, dans le cas irlandais, quasiment une absence de campagne), et surtout, absence de constitution de réseaux de la part des partisans du oui (…) En face, chez les nonistes, pas de chichi. Liens à tout va, entre les différentes sphères, et montée forte d’autorités issues de nulle part (Etienne Chouard, Thibaut de la Housseraye, vous vous souvenez ?). Campagne à tout va, surf sur des sentiments de malaise de la population, et ça investit doucement les consciences. »

Pierre Catalan poursuit sur la même veine : « le vote NON, en Irlande comme en France, s’accompagne d’un refus obstiné d’imaginer les conséquences d’un NON, quitte à jeter le bébé mais à tout de même garder l’eau du bain. Comme en France, la rhétorique est facile: « si on craint des conséquences si dramatiques, pourquoi passe-t-on par référendum? »

Des critiques sur l’usage du référendum que l’on trouve notamment chez Robert Toulemon : « il est déraisonnable et même contraire aux exigences démocratiques de demander aux simples citoyens de se prononcer sur des textes qu’ils ne sont pas en mesure de lire ni de comprendre s’ils avaient le courage de les lire ». Ce spécialiste des affaires européennes fait aussi part d’un sentiment répandu parmi les pro-européens : l’ingratitude supposée des Irlandais. « Il est inadmissible que le pays qui a tiré le plus de profit de son appartenance à l’Union puisse condamner l’Union à une paralysie durable. »

Une attitude « égoïste » également dénoncée par Hugues Serraf, en des termes plus crus : « Je n’aime pas beaucoup l’Irlande de l’égoïsme et du repli, ses catholiques intransigeants, ses nonistes de tous poils, ses racistes, ses enfants d’immigrés à la mémoire courte (…) Les Irlandais, comme les Français avant eux, feront ceux qu’ils voudront jeudi. S’ils votent oui, ils montreront qu’ils ont de la suite dans les idées. S’ils votent non, pour le plus grand plaisir de Le Pen et de Besancenot, ils apporteront leur contribution au délitement de l’une des plus belles expériences politiques et humaines jamais entreprise. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *