« Females in front » : une pétition pour la parité dans l’Union européenne

« Females in front », est une pétition lancée par l’eurodéputée danoise Christel Schaldemose pour qu’au moins une femme soit nommée à l’un des futurs postes clés de l’Union européenne. Cette pétition mise en ligne au début du mois de juin a déjà recueilli plus de 7 000 signatures.

Dans les prochains mois, si le traité de Lisbonne est ratifié par l’ensemble des Etats membres, 4 hauts responsables européens devraient être désignés. Le Président stable du Conseil européen et le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité devraient être nommés pour l’entrée en vigueur du traité. Les élections européennes de juin 2009 donneront ensuite lieu aux nominations du Président du Parlement européen et du Président de la Commission européenne. Christel Schaldemose propose « qu’au moins un de ces postes soit tenu par une femme ».

Son initiative part d’un constat : il y a 250 millions de femmes en Europe. Or, l’UE est dominée par les hommes, aussi bien à l’échelle européenne que nationale. « Females in front » dénonce la persistance d’un leadership européen presque exclusivement masculin. 

Les hommes représentent 67 % des commissaires, 69 % des parlementaires, 84 % des membres du Comité des régions et 77 % des membres du Comité économique et social. Dans les 27 Etats membres, il y a seulement une femme Premier ministre et deux Présidentes. Au sein des gouvernements, 3 ministres sur 4 sont des hommes et c’est seulement en Finlande qu’il y a plus de femmes que d’hommes au gouvernement. Des écarts équivalents s’observent dans les assemblées parlementaires nationales. La Suède est le seul pays où l’égalité des sexes est respectée au sein du parlement. 

L’initiative de l’eurodéputée socialiste se fonde sur le texte même du traité de Lisbonne, selon lequel « l’Union cherche, pour toutes ses actions, à éliminer les inégalités et à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes ». Le traité invite également à la démocratie participative en instaurant « le droit d’initiative citoyenne » : une pétition signée par au moins un million de citoyens, issus d’un nombre important d’Etats membres, pourra être soumise à la Commission européenne. Christel Schaldemose espère atteindre le million de signatures pour inciter la Commission à s’engager et à faire des propositions sur le sujet.

 
Sur son blog, la suédoise Helena Markstedt, qui travaille pour un think tank à Bruxelles commente : « la probabilité qu’une femme soit nommée à un poste européen clé est sans doute inférieure à celle de voir Hillary Clinton Vice-présidente des Etats-Unis ».  

Cette initiative en faveur des femmes en Europe n’est pas isolée. Le 22 mai, le Financial Times avait publié une tribune sur ce thème signée Margot Wallström, Vice-présidente de la Commission européenne. En France, l’association Choisir la cause des femmes promeut pour sa part la « clause de l’Européenne la plus favorisée », qui vise à prendre ce qu’il y a de meilleur pour les femmes dans chaque législation pour l’étendre à l’ensemble de l’Union.

[females in front]

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