Le logo de la Présidence française ne fait pas l’unanimité

La présentation la semaine dernière du logo de la Présidence française de l’UE a donné lieu à de nombreux commentaires de la part des internautes. Si la plupart des commentaires sont plutôt négatifs, pointant l’absence d’originalité de la chose, certains saluent la sobriété de l’habillage graphique retenu. 

Principale critique à l’encontre de cette création : son manque de souffle. « Brusselsblogger » parle de « deux drapeaux morts, épinglés sur un mur ». Le logo est qualifié de « froid, banal et tout sauf dynamique ». S’il « espère que la Présidence ne ressemblera pas au logo choisi », le blogueur salue cependant l’idée de traduire l’expression « Présidence française de l’Union européenne » dans les 23 langues officielles de l’UE et dans les couleurs correspondant aux drapeaux des Etats membres.

Sur Publius, Versac titre : « il y a peu de vent dans les drapeaux ». Il pointe le manque d’enthousiasme des milieux du design graphique pour ce logo et se demande pourquoi « les talents graphiques dont nous disposons en France » n’ont pas été mis à contribution. Selon lui, les drapeaux en berne ne symbolisent pas l’esprit créatif que la France voulait insuffler à sa Présidence.

Le designer Jean-Louis Frechin, compare l’état de la France à « un drapeau qui pendouille ». Il se demande « comment la France qui se targue d’être un pays ou règne l’exception culturelle peut produire une telle image ». « C’est normal que nos graphistes rencontrent des difficultés pour s’imposer comme le font leurs collègues étrangers, si les institutions, les entreprises, les collectivités territoriales, etc., ont une piètre culture visuelle » commente François Caspar, cofondateur de l’Alliance française des designers.

Sur son blog « Visual Evasion », le graphiste Jérémie Werner se demande : « ce lien si fort qui unit la France à l’Union Européenne serait-il représenté par ces deux drapeaux presque en berne ? ». Il parle d’une « composition verticale », de « rigidité » et de « classicisme « . La couleur de la police est qualifiée de « grise et passive, comme si elle ne cherchait pas à s’imposer ». « On nous sert une typographie tiède ! » s’indigne Jérémie Werner.

De nombreux commentateurs soulignent en outre que le logo de la PFUE rappelle la photographie officielle du Président de la République, qui pour la première fois avait choisi de faire figurer à l’arrière plan les drapeaux français et européen côte à côte.

Une fois n’est pas coutume, Jean Quatremer se montre plutôt clément et salue la discrétion de ce logo : « on a évité les fautes de goût, genre Arc de triomphe, comme cela avait été le cas en 1995. Les pays européens ravagés par Napoléon avaient apprécié… »

Le mot de la fin est pour Arthur Goldhammer, spécialiste de la politique française au Harvard’s Center for European Studies : « ils ont le logo et le site Internet (qui ne marche pas). Maintenant ce qui leur faut, c’est une politique ».

[Le site officiel de la Présidence française de l’UE]

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