Traité de Lisbonne : une signature et des regrets

Le 13 décembre le Traité de Lisbonne était signé (voir aussi le dossier Touteleurope.fr) par les chefs d’Etat et de gouvernement des 27. La veille, la Charte des droits fondamentaux était adoptée solennellement au Parlement européen. Les réactions sur la Toile laissent transparaître la colère des anciens « nonistes », mais également beaucoup de regrets chez les commentateurs attachés à la construction européenne.

CaféBabel a interrogé Enrique Baron Crespo sur le rôle de l’assemblée européenne dans cette séquence. « Le Parlement s’est sacrifié comme tout le monde » explique l’eurodéputé espagnol, en regrettant notamment que celui-ci n’ait pas eu davantage son mot à dire dans les débats concernant le Traité modificatif. Il assure néanmoins que les « modalités de participation du Parlement à la CIG de 2007 ont été renforcées ».

Commentant sur son blog la cérémonie de signature du traité, Jean Quatremer regrette le boycott symbolique du Premier ministre britannique : « Brown vient d’inventer la signature honteuse » en laissant sa place à son ministre des Affaires étrangères. En revanche, le journaliste de Libération se réjouit que la Pologne se décide quant à elle « à rejoindre le cœur de l’Europe à marche forcée » depuis la victoire du PO aux dernières législatives. « Il ne faut en aucun cas faire de référendum sur le Traité de Lisbonne », poursuit-il dans un autre post, car se serait l’occasion pour les eurosceptiques qui « comptent bien surfer sur le mécontentement social actuel » d’en finir avec l’Europe : « le vrai courage politique de ces soi-disant défenseur de la démocratie directe serait donc d’exiger un référendum sur l’appartenance de la France en Europe afin que le débat ne soit pas biaisé ».

Edgar (La lettre volée) se réfère à Marx pour commenter la signature du Traité de Lisbonne : « l’histoire se répète, la première fois c’est une tragédie, la seconde une farce ». En optant pour la procédure de ratification parlementaire, les 27 opèrent un « coup d’Etat », c’est-à-dire selon la définition d’usage « refusent de s’incliner devant le verdict des urnes conformément à l’ordre constitutionnel établi ». Le Conseil constitutionnel, rappelle Edgar, reconnaît « que la loi référendaire est d’une essence supérieure à la loi parlementaire ».

Les Jeunes européens – France réclament eux aussi un référendum, mais pour des raisons différentes. Celui-ci devrait se dérouler le même jour dans l’ensemble des pays européens. « L’espace public européen, au sein duquel les clivages nationaux seraient dépassés, reste à inventer » et un tel référendum paneuropéen serait « un premier pas vers une prise de conscience d’appartenir à une même entité ».

Une autre initiative est mise en avant (photos à l’appui) par Le Taurillon et par le blog Agir pour l’Europe : celle des Jeunes Européens Fédéralistes qui se sont mobilisés en faveur des symboles européens et de la Charte.  Agir pour l’Europe signale aussi que plusieurs associations, suite à l’appel de Valéry Giscard d’Estaing, demandent à ce que la France signe à son tour la déclaration d’attachement aux symboles de l’UE adoptée par 16 pays.

Sur le site de l’Union pour une Europe fédérale – France on peut lire la lettre adressée au Président de la République dans laquelle cette association déplore que la France ne fasse pas partie des signataires de cette déclaration. L’UEF-France lui « demande instamment de signer cette déclaration au nom des citoyens européens de France ».

Pour finir, D. Mocrat invite à ne pas parler de « Traité de Lisbonne », bien que celui-ci et malgré ses défauts ait « l’avantage d’exister ». En cause : « l’insistance de la présidence portugaise pour que ce traité soit signé [le 13 décembre] à Lisbonne ». En effet, les 14 et 15 décembre les 27 devront se retrouver à  Bruxelles pour le Sommet européen … sans grands égards pour le coût écologique de tels déplacements.

2 commentaires

  1. Pourriez-vous cesser définitivement d’utiliser l’expression « chef d’Etat ET de gouvernement ».
    Traité de Lisbonne, article 8A : « 2. Les citoyens sont directement représentés, au niveau de l’Union, au Parlement européen.
    Les États membres sont représentés au Conseil européen par leur chef d’État ou de
    gouvernement et au Conseil par leurs gouvernements, eux-mêmes démocratiquement
    responsables, soit devant leurs parlements nationaux, soit devant leurs citoyens. »

    Continuer à utiliser ce « ET » revient à dissimuler une anomale française, et rien que française.
    Ce qui revient à dire qu’une réunion de Conseil européen, c’est quelques chefs d’Etat et tous les chefs de gouvernement SAUF UN : le FRANCAIS !!!! Etonnant, n’est-il pas ?

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