UE-UA : J-1

Les 8 et 9 décembre se tiendra à Lisbonne le deuxième sommet UE-Afrique. A cette occasion une douzaine d’intellectuels européens et africains (dont Wole Soyinka, Vaclav Havel, Günter Grass et Jürgen Habermas), dans une lettre ouverte en date du 4 décembre et relayée par Afrik.com, met en cause la « lâcheté politique » des gouvernants. Leur principal grief : l’absence des crises du Zimbabwe et du Darfour de l’agenda du sommet.


Jeuneafrique.com rappelle que cette volonté affichée des Européens « de bâtir un partenariat d’égal à égal avec les Africains » vise à « contrecarrer l’influence de la Chine », troisième partenaire économique de l’Afrique. Ce second sommet UE-Afrique se présente ainsi comme une réponse au premier sommet Chine-Afrique de novembre 2006. En effet, « l’argent facile chinois » est souvent préféré aux « dons européens partiellement conditionnés au respect des droits de l’Homme ».


Atticus (la nouvelle recrue de Publius) consacre son premier post à ce sommet UE-Afrique. « Non M. le Premier ministre Jose Socrates, le sommet UE-Afrique n’est pas d’ores et déjà un succès, c’est déjà un échec complet. » En effet, le président zimbabwéen, Robert Mugabe, y participera alors même que les libertés fondamentales sont « bafouées » dans son pays. Conséquence : le premier ministre britannique, Gordon Brown, boycottera ce sommet. Cette « croisade contre Mugabe », est selon Atticus symptomatique notamment de « l’impossibilité de mener une politique étrangère commune forte ». Il conclut en citant une dépêche de l’Associated Press relayée par La Tribune : « Mugabe a relancé à sa manière, via la polémique sur sa présence à Lisbonne, le débat sur les blessures laissées à l’Afrique par les anciennes puissances coloniales ».

Même scepticisme pour le Diario de Noticias : « les documents de fond ont déjà été approuvés ». Le quotidien portugais poursuit : « L’UE a lancé une stratégie pour l’Afrique en 2005. Maintenant, on parle d’un partenariat. (…) Le défi de ce sommet n’est pas d’inventer de nouveaux partenariats. Il s’agit plutôt de passer enfin à l’action. »

Pour The Independent « le risque, cependant, est que la guerre d’usure entre Londres et Harare [Zimbabwe] détourne l’attention d’un projet beaucoup plus important : la construction d’une relation hautement productive et mutuellement bénéfique entre l’UE et l’Union africaine (UA) », et ce alors que le déficit commercial entre les deux continents s’élève à 35 milliards d’euros. Le quotidien britannique regrette que l’UE sous-estime son influence internationale et rappelle que le fait que l’OUA (Organisation de l’union africaine) se soit rebaptisée UA est « un hommage rendu à l’UE en tant que modèle d’organisation régionale ».

Emmanuel Dupuy (Fenêtre sur l’Europe) dresse un bilan de « la présidence portugaise [du Conseil] de l’UE qui avait placé l’agenda africain au cœur de ses priorité ». Ce sommet est l’occasion de confirmer le passage initié en 2005 d’une « stratégie européenne pour l’Afrique » à une « stratégie UE-UA ». Pour cela, « les bonnes intentions manifestement partagées de part et d’autre de la Méditerranée, ne doivent néanmoins pas éluder « certaines questions » telles que l’indépendance en matière de sécurité ou encore celle de la société civile.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *