Réactions au discours du Président français devant les eurodéputés

Le 13 novembre le Président français a pris pour la première fois la parole devant le Parlement européen (voir notre dossier + vidéo).

Sur son blog, Coulisses de Bruxelles, Jean Quatremer retient avant tout de ce discours la confirmation que « le Traité de Lisbonne sera bien ratifié par le Parlement français », ce qui n’est pas du goût de tous. Ainsi, sur son site internet, l’hebdomadaire Marianne répond au journaliste de Libération :  » le béni oui-oui européiste de Libé, prétend que Sarkozy peut décider à lui seul qu’il n’y aura pas de référendum sur le traité dit simplifié. Faux, tout simplement ! […] Le hic, c’est que le Parlement peut s’opposer indirectement à la ratification parlementaire. »

Pour Le Taurillon, le discours de Nicolas Sarkozy au Parlement européen est caractéristique d’une « vision très française de l’Europe », les mots « France » ou « français » ayant été usités pas moins de 28 fois ! Le « gros reproche que nous pouvons faire à M. Sarkozy, c’est bien sa manière de parler de la France à toute les sauces […] c’est en même temps le reproche que l’on fait très souvent aux Français ».

Les mots « faire » ou « faut » ont été utilisés 22 fois. « Moins de paroles … plus d’actions ! », tel est l’intitulé du communiqué de presse des Jeunes européens fédéralistes. L’occasion pour eux de revenir sur les propositions du chef de l’Etat, propositions qu’il s’agira de mettre en œuvre lors de la présidence française au second semestre 2008.

Pour Fenêtre sur l’Europe, Nicolas Sarkozy a néanmoins assuré « l’engagement sans faille de la France devant les eurodéputés ».

« Bravo Sarko ! », s’exclame Daniel Riot ( et sur Relatio). « Une belle et bonne profession de foi européenne », ou encore « un chant pour l’Europe », écrit-il au sujet du discours du chef de l’Etat. Au sujet de l’écho qui en a été fait dans la presse, il regrette que « trop d’oreilles parisiennes bouchées par la cire d’un archéo-nombrilisme désuet et ringard » ne l’aient pas bien entendu pour n’en retenir que la volonté du chef de l’Etat de poursuivre jusqu’au bout et malgré les grèves les réformes en cours ». Il s’interroge ensuite : ce discours ne marquerait-il pas la réconciliation de Monnet et De Gaulle ? Une confiance dans les institutions communautaires et un  respect des diversités nationales ? Contrairement à Jean Quatremer, pour lui ce discours a su échapper à « l’arrogance trop souvent affichée par des responsables français ».

Quoi de neuf en Europe s’intéresse aussi au « plaidoyer européen de Nicolas Sarkozy devant les eurodéputé ». Au lyrisme introductif (au sujet du « rêve de paix qui a présidé à la construction européenne ») a succédé « une véritable profession de foi dans l’Europe politique ». « Ainsi le libéral (au plan interne) Nicolas Sarkozy plaide-t-il pour la protection au plan communautaire », s’amuse à souligner l’auteur qui conclut : « Sarkozy l’Américain comme on l’a souvent appelé [a] fait place à Sarkozy l’Européen ».

Pour finir, selon le site du Daily Telegraph, le chef de l’Etat aurait admis en off qu’en cas de référendum sur le traité simplifié, en France le « non » l’emporterait. A lui de conclure qu’il n’y aura donc pas de référendum… Sur son site, The Economist revient lui aussi sur ces propos. A la question rhétorique de savoir si la France voterait à nouveau « non », The Economist répond en soulignant l’accent mis par les journaux français sur d’autres propos de Nicolas Sarkozy, au sujet de la Turquie :  » la Turquie est un pays de 100 millions d’habitants qui n’est pas en Europe mais en Asie mineure, et je ne veux pas être celui qui aura à expliquer aux écoliers français que les frontières de l’Europe se trouve en Syrie ».

1 Commentaire

  1. Je pense que le Président Français n’est pas encore à la hauteur de sa tache. Il confond ses reves et la politique globale

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