Le PS et le traité réformateur : retour sur une semaine de débat

Le Parti socialiste français peine à produire une position commune sur le traité réformateur (ou « simplifié »), adopté le 19 octobre dernier à Lisbonne. Profondément divisé sur le projet de Constitution en 2005, le PS voit ses dirigeants s’opposer à nouveau sur le texte censé sortir l’UE de l’impasse institutionnelle. Pour Nicolas Domenach dans Marianne, cité le 23 octobre sur le site du « Collectif du 29 mai« , le traité réformateur est, pour le PS, un « maxipiège ».

« Chez Nico » on s’interroge sur les options du PS quant à la position à tenir vis-à-vis du traité réformateur. Car « si le traité est simplifié, la situation au PS ne l’est pas », « tant  le souvenir de la guerre civile de 2004/2005 est encore vif ».

Le 28 octobre, Laurent Fabius et Jean-Luc Mélenchon étaient, au PS, parmi les premiers à donner leur point de vue. Le premier, via son blog, met en avant le « déni de démocratie » que constitue la ratification par voie parlementaire. Le second, via le site « Non au référendum, oui à l’Europe », s’attaque plus directement au contenu du texte. Il « explique les raisons pour lesquelles il faut dire non à ce nouveau traité quand on a dit non à la Constitution européenne ».

Ces derniers jours, le site « Publius » se fait régulièrement écho des positions des uns et des autres au PS. Parmi d’autres, celles de Jean-Marc Ayrault, de Bertrand Delanoë et de Pierre Moscovici qui s’expriment tous en faveur d’un soutien du PS au traité réformateur.

Le 30 octobre, « Fenêtre sur l’Europe » rappelle la position de François Hollande : il « ne réclamera pas de référendum » et, sans pour autant engager le parti dont il est le secrétaire général, il « votera oui » au traité réformateur.

Ce 5 novembre, des « nonistes du PS », Vincent Peillon en tête, expliquent pourquoi ils « votent oui au nouveau traité ».

La Toile Européenne a de son côté réagi à ces prises de positions. Le 25 octobre, « Diner’s Room » revient sur les « eaux troubles de l’argumentation socialiste » ou plus précisément celle de Benoît Hamon, député et rapporteur du PS sur ces questions.

Pour Loïc Decrauze (sur « Agora Vox » le 2 novembre), Vincent Peillon a « enfin reconnu l’échec absolu de la stratégie de rejet » et les arguments contradictoires de Laurent Fabius, « l’ex Premier ministre reconverti en fossoyeur de l’Europe »,  sont révélateurs de son « opportunisme argumentatif ». Ainsi conclut-il : « les coups de boutoir sans masque des souverainistes valent presque mieux que les tortillements pernicieux de ces hypocrites contempteurs ».

Le 30 octobre, Versac revient sur l’argument avancé par certains au PS selon lequel « ce qui a été décidé par référendum ne peut être réexaminé que par référendum ». L’auteur conclut en s’interrogeant : « est-ce un déni de démocratie que de confier aux représentants du peuple, qui ont été élus avec cette promesse clairement affichée, la ratification d’un tel texte ? ».

Pour finir, les « Euros du Village » ont interrogé Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti socialiste européen (PSE). Celui-ci explique pourquoi « le PSE militera pour la ratification du Nouveau traité » et pourquoi « dans toute l’Europe, les partis nationaux membre du PSE [tel que le PS français] supporteront la ratification du traité ». En effet, si le traité réformateur est « loin d’être parfait », il « reflète nos valeurs fondamentales » et « pose les changements institutionnels dont l’Europe a besoin ».

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