Soulagement et incertitudes autour du futur Traité de Lisbonne

Très tôt ce matin un accord a été trouvé sur ce qui deviendra vraisemblablement le Traité de Lisbonne. Depuis quelques jours, les anciens « nonistes » crient au « scandale » et dénoncent un texte qui ne serait qu’une copie de la défunte constitution. ATTAC confirme son oppostion à ce traité dans un communiqué publié sur son site ce matin.

« Communautaire » est sans aucun doute « le mot qu’il faut remettre à la mode » semble leur répondre Daniel Riot sur Relatio. Le traité réformateur « sauve les meubles d’une maison inachevée et permet d’envisager d’autres progrès ». Autrement dit, « c’est maintenant que les choses sérieuses doivent commencer, ou recommencer ». « Oui, c’est la fin d’une crise grave » et « la satisfaction d’aujourd’hui […] tient plus du soulagement que de la joie ».

« Soyons heureux d’en sortir ainsi » et « passons vite à autre chose » écrit Jean-Dominique Giuliani sur le site Fenêtre sur l’Europe. En effet, les conditions dans lesquelles a été trouvé cet accord feront (avec du recul) sourire : « ce ne sera pas une page glorieuse, ni pour les peuples, ni pour les gouvernements ».

Néanmoins, « le texte reprend l’ensemble des avancées institutionnelles contenues dans le projet constitutionnel », « les outils sont préservés » et « c’est l’essentiel » écrit sur son blog Valéry Giscard d’Estaing, qui regrette toutefois qu’aient été « estompés » les objectifs d’union politique.

Pour les Euros du Village, Sandro Gozi revient sur les fameux opting in/out qui se sont multipliés avec le traité réformateur, au grand dam des europhiles. Il montre, contrairement aux idées reçues, que ceux-ci peuvent constituer « des opportunités d’intégration ».

Toujours sur le site des Euros, Florence Deloche-Gaudez revient sur « les problèmes que le traité réformateur ne règle pas », à savoir le fait « qu’il devient de plus en plus difficile de faire évoluer les textes fondateurs de l’Union ». En cause : les procédures propres aux négociations intergouvernementales. Mais plus que les procédures, ces négociations « ont tué dans l’œuf tout processus ouvert aux citoyens » souligne Fabien Cazenave, sur Le Taurillon, qui s’interroge : « l’impasse institutionnelle est-elle vraiment finie ? ».

Alors que les dirigeants prient pour une ratification rapide, des incertitudes demeurent. En premier lieu, un possible référendum britannique, qu’analyse Agnès Baritou sur Cafébabel. Après les « non » français et néerlandais, la prudence semble de mise et les chefs d’Etat et de gouvernement privilégient la voie parlementaire. Renaud Bouchard conclut sur AgoraVox : les élections européennes de 2009 « pourraient bien se transformer en référendum ex post sur l’UE ».

2 commentaires

  1. Dans la perspective d’une ratification parlementaire, espérons pouvoir compter sur le sang-froid des cadres du PS pour ne pas confondre leur opposition à l’échelon national avec des enjeux européens qui transcendent les clivages partisans.

  2. Pour complément, sur « Euros du Village », nous proposons 15 analyses tout au long du mois d’octobre sur le traité, avec des contributions, notamment, de :
    – Pierre Moscovici
    – Alain Lamassourre
    – Gaetane Ricard Nihoul (Notre Europe)
    – Sandro Gozi (député, conseiller de romano prodi)
    – Florence Deloche-Gaudez (sciences po)
    – Eloi Laurent (OFCE)
    – Poul Nyrup Rasmussen
    – Florence Chaltiel (sciences Po)
    – Jo leinen (député européen)

    Le dossier est consultable à l’adresse suivante : http://eurosduvillage.com/+-Traite-

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