La « crise belge », prélude à un régionalisme européen ?

Voila plus de 4 mois que la Belgique n’a toujours pas de gouvernement, faute d’un accord entre Wallons et Flamands sur les revendications régionalistes flamandes. Plus que 20 jours avant que soit battu le record de 148 jours datant de 1987 selon… l’extension Firefox lancée en août dernier par un site communautaire belge.

Les journaux n’hésitent donc plus à parler de « crise belge ». Le quotidien belge Le Soir parle d’un « déshabillage flamand de l’Etat fédéral ». En France, Jean Quatremer a été l’un des premiers à commenter la crise sur son blog. Depuis, la presse continue d’alimenter le buzz malgré les critiques de plusieurs politiques belges comme l’ancien ministre des Affaires étrangères belge et commissaire européen Louis Michel.

Dans une vidéo (ci-dessous) en date du 5 octobre, Jean-Yves Camus, chercheur associé à l’IRIS, met en parallèle le séparatisme flamand avec d’autres tentations sécessionnistes en Europe. De la même manière, Philippe Perchoc, sur le site de Nouvelle Europe, analyse ces phénomènes de désunion au regard de la construction européenne.

2 commentaires

  1. La « crise belge », prélude à un régionalisme européen ?
    Je suis un peu étonné du titre. Le régionalisme a en effet plusieurs sens:
    * soit vous parlez de la connotation positive d’un mouvement prenant en compte la subsidiarité pour rapprocher l’Europe des citoyens
    * soit vous parlez d’un mouvement de fragmentation de l’Europe en régions.
    Bien entendu, les deux mouvements peuvent être liés: des régions de plus en plus autonomes demandent à pouvoir accéder directement aux autorités européennes dont elles touchent des fonds par le biais des aides structurelles. Le mouvement a été puissant dans les années 80 et 90 sous le label « Europe des régions ». La création d’un « comité des régions » par le traité de Maastricht en 1992 a été un couronnement de ce mouvement.

    Pourtant, comme je le souligne dans mon article, il est difficile d’évaluer le rôle des régions sur l’Europe et de l’Europe sur les régions. On ne peut pas accuser l’Europe de favoriser volontairement le séparatisme, pourtant, son effet n’est pas être pas nul en la matière. D’un autre côté, l’habitus européen protège relativement les Etats contre le séparatisme : personne ne garantit qu’une partie d’Etat membre devienne automatiquement Etat membre…

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