La Toile pro-européenne au secours de Jean-Claude Trichet

Depuis quelques mois déjà, la guerre des nerfs fait rage entre la France et la Banque centrale européenne, accusée de nuire à la croissance française par le maintien de taux d’intérêt élevés. Invité dimanche du Grand Rendez-Vous Europe 1-TV5-Le Parisien, Jean-Claude Trichet a réaffirmé son souci de la stabilité des prix et sa préoccupation pour l’état des finances françaises.

Dans le bras de fer qui l’oppose à Paris, le président de la BCE peut compter sur le soutien des principaux commentateurs pro-européens de la Toile francophone, qui ont plutôt tendance à critiquer l’attitude des responsables français.

Le fédéraliste David Soldini relève l’hommage tardif d’Alan Greenspan à la devise européenne et  salue les réactions de la BCE à la crise des subprimes : « n’en déplaise à Nicolas, aujourd’hui se sont les citoyens britanniques qui font la queue devant les banques en espérant récupérer un peu de leur épargne qui s’est envolée avec la crise, tandis qu’en zone Euro, les intérêts des citoyens ont été préservé par une action rapide de la BCE ». Pour le Taurillon, Pietro de Mattei défend l’indépendance de l’institution monétaire : « diminuer le degré d’indépendance de la BCE est évidemment un risque majeur, puisque cela pourrait mener à une politique monétaire moins crédible ».

Une deuxième catégorie de critiques renvoie les autorités françaises devant leurs propres responsabilités économiques. Ainsi, Daniel Riot ironise : « Les mauvais élèves, parfois, détestent les professeurs qui ont raison dans les leçons qu’ils donnent… Or le prof. Trichet vient de publier un carnet de note qui ferait honte à tout cancre un peu lucide. ». Des propos confirmés, sur un ton plus docte, par Valéry Giscard d’Estaing : « La France se trouve malheureusement à la traîne du peloton de la zone euro, elle a un des taux de croissance le plus faible et un déficit commercial le plus élevé. Ce sont des problèmes français et non européens. C’est pourquoi la France doit s’attacher à les résoudre ». « Tant que nous n’avons fait aucun effort réel pour mettre de l’ordre dans nos finances, nous sommes inaudibles en Europe », confirme Robert Toulemon.

Quant à Jean Quatremer, il s’en prend une nouvelle fois au conseiller de l’Elysée Henri Guaino – devenue la véritable « bête noire » du journaliste de Libération – qui s’est insurgé ce week-end contre la politique de la BCE dans un entretien au Journal du Dimanche : « Henri, la solution est simple : il faut convaincre votre Président de sortir la France de l’euro. Comme cela le ‘franc Sarkozy’, avec ce genre de déclaration, ne vaudra plus rien sur le marché des changes. Et ce jour-là, tout ira bien, c’est sûr ! »

1 Commentaire

  1. Attendons que la récession pointe le bout de son nez et la publication de jolis bilans de banques européennes qui commencent à sentir le rat. Que nous dira Trichet ?

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