Les pirates du net à l’abordage de l’Europe

Le dernier policy paper de la Fondation Schuman est consacré à la criminalité informatique, un phénomène qui s’accroît à mesure que le web étend ses applications dans la vie courante.

Au printemps dernier, l’Estonie était victime de la « première cyberguerre contre un Etat ». Entre avril et mai 2007, des attaques « ddos » massives (multiplication des connexions entraînant la  saturation des serveurs) ont été lancées contre ce pays, provoquant des interruptions de services informatiques « dont les répercussions économiques restent encore à évaluer ».

La semaine dernière, le Spiegel a révélé que les réseaux du Bundeskanzleramt (services du Chancelier) avaient été infiltrés par des logiciels espions apparemment contrôlés par les services secrets chinois. La semaine dernière, Angela Merkel a d’ailleurs fait part au Premier ministre chinois de sa préoccupation à ce sujet.


A travers ces incidents dignes d’un techno-thriller de William Gibson, l’Europe découvre à quel point le réseau mondial est vulnérable. Il existe bien, depuis 2004, une Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l’information (ENISA) basée à Héraklion, mais celle-ci ne joue aucun rôle opérationnel dans la lutte contre les pirates du web et se contente d’adresser des recommandations aux Etats membres. A la suite de l’attaque contre l’Estonie, l’agence s’était fendue d’un communiqué expliquant qu’elle n’avait pas de compétence en la matière.
 
Si l’étude de la Fondation Schuman n’aborde pas l’aspect proprement européen de la question, elle permet en revanche de se familiariser avec les pratiques frauduleuses les plus courantes sur la toile : détournements de fonds, vente de faux médicaments, extorsion et chantage… Une lecture à déconseiller aux « cyberparanoïaques » !

[Fondation Robert Schuman]

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