Nicolas Sarkozy devant les diplomates : engagement européen, inflexion turque ?

Au cours de la XVe Conférence des Ambassadeurs qui se tenait lundi à Paris, le Président de la République a présenté la construction européenne comme la « priorité absolue » de la politique étrangère de la France. Daniel Riot, sous le charme de son discours, estime que les orientations dessinées laissent « espérer un euro-dynamisme recouvré et salutaire. Comme dans les plus belles années Mitterrand-Delors… ». Les Euros du village saluent eux aussi l’implication européenne du nouvel hôte de l’Elysée : « Un président français réellement européen, que demander de plus ? Peut être que les annonces soient suivies d’actes ».

Comme souvent en effet, certains redoutent que ces engagements ne soient que des effets d’annonce et raillent « l’hyperactivité » du chef de l’Etat. C’est le cas du fédéraliste David Soldini, qui critique l’idée d’un « comité de sages » chargé de réfléchir à l’avenir de l’Europe et remarque : « depuis plusieurs années maintenant, les cellules grises de bons nombres de spécialistes et experts se sont agitées pour essayer de donner un avenir à l’Union. Sur quoi devront donc réfléchir nos nouveaux sages ? ».

La clarification de la position de la France sur le dossier turc est le thème qui suscite le plus de réactions. Les Euros du village évoquent « une vision plutôt constructive, saluée par les milieux européens, et qui devrait mettre d’accord opposants et partisans de l’intégration ». Hugues Serraf considère lui aussi que « son engagement tend vers le consensus ».

Chez un certain nombre de commentateurs, c’est le revirement supposé de Nicolas Sarkozy sur cette question qui est mis en avant. Pour Edgar, « Sarko avait flatté les nonistes de droite en leur lâchant la Turquie en pâture, il la leur reprend maintenant qu’il est élu ». Des lecteurs de Libération abondent dans ce sens. Ainsi, Stambouliote : « Il avait dit exactement le contraire lors du débat avec Royal ». OU encore Jimbo :  » rappelons seulement les propos de super sarko sur l’adhésion de la Turquie à l’Europe « pas question, c’est pas en Europe, c’est en Asie mineure »…..virage a 180 degrés…ses électeurs apprécieront… »

Sur son blog, Dominique Reynié explique que « face à la question turque, Sarkozy n’avait plus vraiment le choix », notamment pour des raisons économiques et diplomatiques. « La France ne pouvait pas sortir d’un ‘non’ (au TCE) pour entrer dans un autre (à la Turquie) » résume le politologue.

1 Commentaire

  1. Pour paraphraser Reynié, face à la question européenne, personne n’a le choix, jamais. Le seul choix possible est d’avancer, avec plus ou moins d’entrain.

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