D. Riot : « Le but de Relatio : on ne développe le sentiment d’une citoyenneté européenne que si l’on connaît mieux l’Europe »

Rencontre avec Daniel Riot, journaliste et blogueur européen suractif, animateur du magazine Relatio.

Comment est né Relatio ?

J’ai été l’un des premiers journalistes à ouvrir un blog sur Blogspirit. Comme je suis de près les affaires européennes depuis… 1969, mon Blog-notes a été et reste de « couleur Europe ». J’ai élargi les collaborations extérieures en créant avec Christophe Nonnenmacher Europe&Us. Et Relatio (dont le nom est celui du premier journal européen crée en… 1605 à Strasbourg par Johanna Carolus) s’inscrit dans un projet éditorial qui tire les leçons du « non » au référendum.

L’Europe n’est pas que l’Union européenne. Elle est d’abord un espace culturel, une sphère géopolitique mais aussi  géophilolosophique, un « idéat » comme disait Spinoza, c’est-à-dire un idéal à traduire en réalité. D’où l’importance accordée au Conseil de l’Europe, à l’eurosphère, aux valeurs, à l’Europe des réseaux, des liens, des relations. D’où aussi la volonté de considérer l’Europe non seulement dans ses aspects supranationaux, mais aussi, comme dit Edgar Morin, « infranationaux ». L’Europe ? Des racines que l’on tente de planter dans les étoiles, pour adapter un proverbe alsacien qui a une version… arabe.

Ce mois-ci, Relatio atteint la 417ème place du classement des blogs établi par Wikio. Vous vous placez devant le célèbre Taurillon, édité en trois langues. Comment expliquez-vous ce succès ?

Je suis trop critique envers la dictature de l’audimat pour attacher beaucoup d’importance à ce genre de hit parade. Je suis très heureux d’avoir vu (et de voir) se développer des sites consacrés à l’Europe et des « euroblogs ». Il y a complémentarité non concurrence dans « l’euroToile ». D’où, d’ailleurs, le nombre de liens avec d’autres blogs et sites que je multiplie sur Relatio.

Relatio a sa spécificité : c’est à la fois un « webnews » et un « webzine », d’où son sous-titre : « L’Europe en revue, l’Europe en direct ». Le webnews publie des infos la plupart du temps commentées : plus de 4 000 notes ont été publiées depuis la création de Relatio. Le webzine joue le rôle d’un magazine : articles de réflexions, dossiers, découvertes, livres, phénomènes de société…


Relatio touche à tout ! Entre actualité politique, sélection sur la toile, article sur l’érotisme européen et guide de voyage, comment définissez-vous votre ligne éditoriale ?

Jacques Delors disait qu’on ne tombe pas amoureux d’un grand marché. Ce constat n’a pas été assez médité. J’essaie d’en tirer les leçons. Dans la forme, rien de ce qui touche l’Europe ne nous est étranger. Sur le fond, notre « grille de jugement » est celle des valeurs du Conseil de l’Europe. J’y ajouterai un souci permanent : traiter tous les sujets, y compris nationaux, dans une optique européenne. Le vrai but : on ne développe le sentiment d’une citoyenneté européenne que si l’on connaît mieux l’Europe, les pays d’Europe et l’Europe telle qu’elle est perçue dans le monde.  

Entre la vidéo diffusée par la Comission sur YouTube, le blog érotique de Café Babel et votre nouvelle rubrique « l’Europe coquine« , la Toile européenne semble prise par une vraie fièvre rose ! Qu’est-ce qui vous a décidé à accorder une tribune à vos deux chroniqueuses Clio et Vénusia ?

L’histoire de l’art est l’expression d’une fièvre rose, comme vous dites, permanente… L’Europe est une emmerdeuse : c’est pour cela qu’elle occupe aussi peu de place dans les médias. Il faut la rendre attrayante, par tous les moyens qui respectent la dignité humaine. Clio et Vénusia, comme Dansolal qui tiennent des chroniques régulières (comme William Petitjean et d’autres) ont  des souci plus esthétiques qu’érotiques… Je voudrais  créer d’autres rubriques, sur la gastronomie par exemple. L’Europe, elle commence dans nos frigos et sur nos tables…

Les sites d’information ouverts à la participation des internautes fleurissent ces jours-ci sur le Net. En tant que journaliste, pensez vous que ces initiatives puissent aboutir à la création de médias grands publics sur les thèmes européens ?

Le journalisme est une discipline plus qu’un métier… Je n’oppose pas journalistes et blogueurs ou journalistes « pro » et journalistes « citoyens ». Un bon journaliste est d’abord un citoyen. Ces « médias grand public » sur l’Europe dépendent de la demande plus que de l’offre. Développons la soif d’Europe, le rêve d’Europe et battons-nous pour que l’Europe soit mieux  perçue telle qu’elle est : à la fois une nécessité et un idéal, comme disaient Monnet et Schuman.

[Relatio]

3 commentaires

  1. Bonjour, je suis une lycéenne ayant besoin de témoignages pour un éxposé sur le journalisme. Pouvez-vous m’aider? Ma problématique c’est : »comment le journalisme est perçu de nos jours? ». Veuillez s’il vous plaît me répondre sur mon adresse e-mail en decrivant votre job et votre avis sur la question!
    Veuillez monsieur agréer mes sincères salutations.

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