Un Président à l’Eurogroupe

Le déplacement à Bruxelles du Président de la République à l’occasion de l’Eurogroupe a suscité sur la Toile des réactions contrastées.

Les médias de la Toile européenne se sont fait les relais des positions de différents acteurs européens par rapport à cette prestation inédite. Euractiv.fr s’est fait l’écho de l’enthousiasme de Jean-Claude Juncker mais également des réserves de Pervenche Bérès, présidente de la Commission économie et finances du Parlement européen. EUobserver met l’accent sur les inquiétudes des partenaires de la France quant aux choix économiques du Président. Dans la même optique, Euractiv.com reprend un entretien accordé par Alistair Darling au Financial Times, dans lequel le nouveau Chancelier de l’Echiquier britannique se montre sceptique. Eurotopics propose une sélection des meilleurs articles de la presse européenne consacrés à ce sujet. Philippe Ricard, correspondant du Monde à Bruxelles s’est prêté à un chat sur le site du journal. Il a vu lors de cet Eurogroupe une « forme de rapprochement entre M. Sarkozy et les ministres des finances », même si certains ont pu trouver sa présence « disproportionnée ».


Chez les blogueurs, les commentaires oscillent entre la dénonciation d’un activisme de façade et l’admiration pour un Président qui prend les problèmes européens à bras le corps.

Jean Quatremer pense que Nicolas Sarkozy brouille l’image de la France en Europe, la rendant « sautillante et incohérente ». Publius voit dans l’initiative du président une tentative de « noyer le poisson » face aux éventuelles critiques de l’Eurogroupe. Daniel Riot regrette le « côté donneur de leçon » de la démarche, mais juge que le président a remporté « son pari », « en fanfare ». Enfin, le blog Europe de The Economist s’étonne des papiers élogieux de la presse française qui tendraient à laisser croire que dorénavant Nicolas Sarkozy est capable de « convaincre n’importe qui de n’importe quoi ».

Du côté des satisfaits, le président de la Fondation Robert Schuman, Jean-Dominique Giuliani salue la compréhension des partenaires de la France et note que cette réunion a fait la preuve que l’Europe est avant tout « une chance et une solidarité ». Généralement opposé à Nicolas Sarkozy sur les questions européennes, Nicolas Dupont Aignan se voit obligé d’aller dans le sens du Président, en manifestant  son accord avec la promotion d’un gouvernement économique de la zone euro. Il ne peut pour autant s’empêcher de parler de « trompe l’œil », en regrettant que Nicolas Sarkozy n’ait pas profité du Conseil européen pour militer pour un changement des statuts de la BCE.

On remarquera pour conclure que cette réunion, deuxième « test européen » pour Nicolas Sarkozy, a suscité dans la blogosphère des échos à peine plus faibles que ceux du Conseil européen de juin :

3 commentaires

  1. Les médias n’ont pas l’air d’avoir u ne vision très claire de ce qui s’est vraiment passé à Bruxelles. Difficile au final de savoir si Sarkozy a réellement convaincu ses partenaires…

  2. Quand même vraiment paradoxal un président qui veut défendre un renforcement économique de la zone euro et qui en même temps vient demander de ne pas se voir appliquer les règles qui existent déjà… Il est vraiment fort en com, notre président, parce que là il a fait fort et biensur tout le monde l’applaudit. Merci pour cet article qui permet d’y voir un peu plus clair!!

  3. Oui enfin, il avait des bonnes raisons de demander un temps supplémentaire, puisqu’il s’agit d’une grande réforme, et l’on ne parle là que de deux ans, qu’il n’a même pas obtenu d’ailleurs… En fait Nicolas Sarkozy est venu lui-même exposer les raisons de son possible manquement à ses engagements… Ce qui est en fait plutôt respectueux, et démontre son engagement européen, alors que beaucoup violent les règles en s’en lavant les mains et en envoyant leur ministre se faire taper les doidts à leur place.

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