F. Cazenave : « Sur la Toile, les pro-européens ont récupéré leur retard de 2005 et les fédéralistes y ont leur part »

Rencontre avec Fabien Cazenave, membre des Jeunes Européens France et rédacteur en chef du Taurillon, site d’information engagé en faveur d’une Europe fédérale.

Comment est né le Taurillon ?
C’est une réaction au référendum de 2005 où le net a joué un grand rôle dans la propagation d’une vision erronée de l’Europe. Alors que les Jeunes Européens France avaient été très présents sur le terrain pendant la campagne, il y avait clairement aussi un besoin de répondre à l’attente des citoyens qui cherchent une information qui sorte du cadre médiatique habituel. Après plusieurs mois de travail, nous avons officiellement lancé le Taurillon en novembre 2005. Une belle aventure collective de bénévoles en somme.


Vous défendez sur ce site une ligne explicitement fédéraliste.
Nous ne sommes pas là pour être des euro-béats. Notre discours offensif dans une ligne de pensée fédéraliste nous permet d’être « euro-vigilants ». Cela nous permet de voir l’actualité européenne avec une vision décalée. De plus, nous rassemblons ainsi des lecteurs qui ont voté oui et non. L’Europe telle qu’elle est ne nous satisfait pas, même si nous nous plaçons dans la ligne de ce que la construction communautaire a déjà créé.



Quelle est la présence des eurofédéralistes sur la Toile en France ?

Vous avez plusieurs pôles. Il y a les blogueurs comme David Soldini ou Cédric Puisney. Vous avez les sites institutionnels des associations des Jeunes Européens France, le Mouvement Européen France ou de l’Union pour une Europe Fédérale. Il y a aussi le Parti fédéraliste et ses membres. Le Taurillon est en très bonne place ! Le fédéralisme est donc actif sur la toile, mais il faut voir aussi tous les fédéralistes qui s’ignorent encore : en effet, nombreux sont les européistes qui désirent que l’Europe politique arrivent, même s’ils ne formulent pas encore précisément comment. En tous les cas, les pro-européens ont récupéré leur retard de 2005 et les fédéralistes y ont leur part.

Pour autant que vous ayez connaissance de votre public, le Taurillon est-il aujourd’hui le rendez-vous des fédéralistes convaincus ou le site est-il visité par des internautes qui ne partagent pas forcément vos idées ?
Quand on a entre 40.000 et 50.000 visiteurs par mois (bientôt les 500.000 visiteurs depuis la création, on vous tiendra au courant !), on ne touche pas que les fédéralistes. Au contraire, nous touchons un large public du fait de notre vision politique de l’actualité européenne. Cela nous permet d’adopter un ton différent des très bons sites comme Touteleurope ou nos amis des Euros du Village qui produisent des dossiers très complets et plus techniques que nos articles. Nous avons des lecteurs qui ont voté oui et non en 2005, d’autres qui veulent que l’Europe avance et qui ne se satisfont pas de ce que nous avons actuellement. Mais comme tout site internet, nous touchons beaucoup d’internautes de « hasard » qui, en cherchant le rôle de l’Europe au Darfour, tombent chez nous grâce à notre série d’articles sur l’Europe et l’Afrique.

Le Taurillon est multilingue (allemand, anglais, français, italien ). En dépit de la barrière linguistique, les contributeurs et lecteurs des différents pays parviennent-ils à dialoguer ?
Nous avons des rédactions différentes, ce qui nous permet d’avancer chacun à notre rythme. Le Taurillon français produit un article par jour, ce qui est énorme pour des bénévoles. Les autres versions ont un rythme un peu moins soutenu mais progressent toutes les semaines. En faisant des traductions de certains des articles venant d’une autre version linguistique, nous donnons ainsi la possibilité au lecteur d’avoir une vision un peu différente de la vision française. On ne peut pas dire que nous ayons réellement un échange entre lecteurs qui ne parlent pas la même langue. Et puis, nous ne savons pas sur nos forums si l’intervenant vient de tel ou tel pays. Tant mieux du reste.

[Le Taurillon]

2 commentaires

  1. Longue vie au Taurillon … Et qu’il survive à l’idéal fédéraliste qui, lui, semble s’être évaporé avec la Constitution européenne !

  2. @lulu : nous vivons en effet une phase de régression avec le retour des lubies nationalistes et la réaction des gouvernements qui est de confisquer le pouvoir au niveau européen en revenant à un fonctionnement essentiellement non gouvernemental. Mais cette orientation est vouée à l’échec. Pour que l’Europe fonctionne il faut qu’elle ait du pouvoir et le pouvoir doit nécessairement être soumis aux règles de la démocratie. Les erreurs du moment provoqueront des réactions sévères en retour et donc à terme une réorientation vers plus de fédéralisme. Tout ce qui fonctionne aujourd’hui au niveau européen est ce qui est communautaire. On devra bien y revenir pour avancer.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *