Conseil européen : des perceptions mitigées

A l’issue du Conseil européen, les responsables des think tanks, les médias européens et les militants de la cause européenne manifestent à la fois soulagement et déception.

Dans un entretien accordé à chaud à Touteleurope.fr, Sylvie Goulard, présidente du Mouvement Européen France, se montre préoccupée par la manifestation des égoïsmes nationaux et appelle au rassemblement de la société civile pour « reconstituer une force proeuropéenne qui montre que les Européens ont des intérêts communs qui ne sont pas correctement pris en compte dans les conférences intergouvernementales ». Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman, publie sur son site un édito plus enthousiaste, repris par Fenêtre sur l’Europe, où il parle des « écueils » du Conseil, mais considère néanmoins que l’accord est « inespéré ».


Après avoir arpenté les couloirs du Justus Lipsius dans l’attente de nouvelles fraîches, Florence Autret fait sur son blog une double lecture du Conseil. Pour elle, les dirigeants européens « ont fait face à leurs responsabilités en jetant les bases d’une réforme institutionnelle », mais la situation n’est pas rassurante, le Conseil faisant désormais office de « théâtre » où se joue un « exercice de réconciliation des égoïsme nationaux ».

Jean Quatremer salue l’aisance et le style du nouveau président français au Conseil, et admet que l’accord sort l’Union de la crise institutionnelle. Mais, pour lui, on a surtout « manié le ciseau », et « s’il n’y a pas d’avancée, (…) il y a des reculs ». Il renvoie l’internaute à son article pour Libération où, comme Gaëtane Ricard-Nihoul dans un entretien accordé à Touteleurope.fr, il entrevoit dans les clauses d’ « opt out » obtenues par le Royaume-Uni la naissance d’une Europe à deux vitesses. Signe de l’impatience des milieux européens à connaître les résultats de l’accord ? Les Coulisses de Bruxelles ont battu, vendredi et dimanche, deux records de fréquentation.

Euractiv.fr parle encore d’un accord obtenu « à l’arraché » et relaie les positions de la Commission européenne, des politiques français et des responsables des principaux think tank. Le Taurillon adopte un ton moins neutre pour témoigner de sa « déception » et dénoncer « l’échec de l’Europe des gouvernements ». Pour Publius, on « sauve le présent, mais on hypothèque l’avenir », car « la dynamique intégratrice semble un peu cassée pour l’avenir ». Le Blog d’un européen jamais content déclare, sans ironie, que « l’UE a réussi l’impossible » et avoue être bluffé par « deux semaines d’eurosarkozysme », mais ne peut s’empêcher de décerner des palmes aux pays les plus « égoïstes » et « de mauvaise foi ». Enfin, Fenêtre sur l’Europe publie une chronique dans laquelle Elie Levaï regrette que le mandat ne soit pas plus ambitieux, tout en parlant de date « dont on se souviendra dans quelques années » car l’Europe est sortie de sa « léthargie ».

1 Commentaire

  1. C’est tout de même rassurant de voir que les observateurs relativisent le « succès » du Conseil européen !! L’Europe a bcp perdu ! En tout cas merci d’en faire le relais, voila une belle initiative européenne !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *